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25 mars 2017

pour réussir vos compétitions de ski, dopez-vous au ramequin

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Tessa Worley en dédicace à Hauteville

 

A Hauteville, nous avons Simon Desthieux, dont nous sommes très fiers.

 podium à Holchfilzen

C illustrations pour Hochfilzen prendre les meilleures (3)

et nous avons adopté Tessa Worley, tant est grande sa gentillesse. Elle était  venue en rééducation dans notre pays après sa blessure à Courchevel le 17 décembre 2013

Ski : la Française Tessa Worley remporte la Coupe du monde de slalom géant

La Haute-Savoyarde de 27 ans est la première Française à remporter le globe depuis Carole Merle, en 1993.

Ces belles performances sont admirables, et nous les avons surpris cette dernière année en pleine dégustation du ramequin dit de Saint Rambert.

                                                                                                                                                                 

Tessa découvre le ramequin

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Cette spécialité locale est elle pour quelque chose dans leurs performances, nous ne le saurons jamais.....

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Simon Desthieux apprécie

Et Tessa, aussi

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20 mars 2017

Roger Pingeon : c'était notre champion!

Hauteville-Lompnes est triste, son ambassadeur s'en est allé!
Ambassadeur sans le savoir. Qui plus que Roger Pingeon a fait parler d'Hauteville et de son plateau à la télévision, dans la presse, à la radio,
personne!
Et cela remonte à 1967, donc un demi siècle d'ambassade. il faut le faire. Nous tenons à le remercier vivement pour cela sur ce blog et nous lui dédions avec beaucoup de déférence cet article, avec des images de sa dernière heure de gloire sur le plateau, le tour de France 2016 où il a été omniprésent dans le pays qui l'a vu naître.

Merci Roger !

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Roger et Bernard Hinaut.

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Roger Pingeon et Simon Desthieux: Simon à toi de prendre la relève d'ambassadeur!

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Roger Pingeon et Joseph Carrara

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16 mars 2017

Les chanoines de Retord

Pa la chapelle de Retord, photo prise le 13 janvier 2015

LES CHANOINES DE RETORD.

 

Il faut avoir lu le beau livre de Jean Laurent « Terre d’hommes et de ciel » pour comprendre ce que fut jadis la vie de ces gens de Retord où pendant des siècles, des générations ont réussi à vivre dans des conditions que l’on ne s’imagine plus ; des gens qui avec acharnement, avaient réussi à faire de leur désert si peu généreux, une paroisse la plus étendue, la moins peuplée, la plus haute mais sûrement la plus belle du diocèse.

C’est peut être pour se distraire, peut-être pour connaître ces quelques arpents de neige que deux prêtres « d’en bas » du XIXème siècle qui ne manquaient pas d’humour et qui avaient l’habitude d’herboriser en ces lieux, eurent l’idée de faire de la chapelle une collégiale imaginaire et de créer un amusant chapitre de chanoines.

Nous en avons retrouvé les statuts et le sceau «EURUSQUE NOTUSQUE ROUNT » * et nous vous en livrons l’essentiel :

P b Diplome des Chanoines de Retord

En vertu d’une délégation spéciale donnée à Rome aux calendes de Mai signé Bartolini, je soussigné, Monnet, curé de saint Victor de Montfalcon devant la cour des pairs de saint François de Sales à Retord, a l’effet de publier les statuts qui devront régir cette communauté de chanoines réguliers, étant donc au dessus du niveau de la mer, à la hauteur voulu pour avoir du saint Siège des pouvoirs illimités nous proclamons les dispositions suivantes :

 

Article I : Le nombre de chanoines de Retord pourra s’élever indéfiniment.

Article II : Le camail (courte pèlerine des ecclésiastiques) sera en peau de mouton avec hermine et fourrure de Sibérie. En période de grands froids, il pourra être doublé de peau d’ours.

Article III : Que les chemins soient libres ou non, la résidence est obligatoire depuis la Toussaint jusqu’à la sainte Outrelle (20 mai)

Article IV : Le chanoine archiprêtre seul loge près de la collégiale, les autres doivent résider à moins d’un kilomètre.

Article V : En cas de neige, les chanoines devront avoir leurs cercles* aux pieds. Si, en hiver, la croix de la station est ensevelie sous la neige, le plus digne donnera l’exemple et pelle en main, commencera les travaux de déneigement.

Article VI : Nul ne pourra être admis au titre de chanoine de Retord, s’il ne justifie au moins de deux paires de guêtres à 18 boutons et deux paires de cercles avec lesquels il sache marcher, et s’il ne connaît en toute saison l’accès à la collégiale par Bérentin, la croix Jean Jacques, le golet sapin et Très mas Curty.

Article VII : Il y aura dans le chapitre au moins quatre chapelains, leur fonction sera d’aider les chanoines à l’office, d’avoir soin des guêtres et des cercles, d’ouvrir la marche dans la procession en pourtant la boussole qui doit guider les chanoines et les empêcher de perdre le Nord. Le camail des chapelains sera en peau de renard relevé par une fourrure d’écureuil mélangé de castor.

Article VIII : Les chanoines de Retord n’auront que des idées élevées, leur langage sera toujours sublime. Sur toutes les choses, ils auront les points de vue les plus étendus. Leurs lumières comme leurs horizons seront sans borne. Modestes dans leurs désirs et humbles dans leur conduite, ils ne chercheront pas à abuser de leur élévation pour dominer autour d’eux.

Ils pratiqueront le silence, aimeront la solitude, fuiront le monde et ses tumultes. En un mot ils seront ornés de toutes les vertus, persuadés qu’à Retord comme partout, il y a bien à faire pour bien faire.

Article IX : Le chapitre ne reconnaît d’autres supérieurs que les religieux de Saint Bernard. L’archiprêtre de Retord étant d’ailleurs le plus élevé en dignité sur sa montagne, il portera le titre d’Eminence.

Article X : Le chapitre de Retord est une maison de hautes études.  On y enseignera toutes les sciences et il sera installé sur la montagne, un bureau de messages et toutes les correspondances avec la France ou l’étranger se feront par le moyen de pigeons voyageurs.

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coix érigée par Jean Claude Dassin 1728 -1803 et Marie Louise Favre sa femme, de Sothonod

 

 

 

Il n’y a plus de chanoines sur la montagne. Dans l’adorable petite chapelle, on ne connaît même plus le latin et qui sait si là-haut, n’ayant plus d’occupation,  nos archiprêtres ne regrettent pas Retord et son paradis.

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                                                                                                                              Marius Guy 

 

  • Tous les vents se ruent et s’abattent sur Retord
  • Raquettes à neige.

 

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15 mars 2017

Saison d'hiver 2016 - 2017 : décevante pour les skieurs.

Un temps de saison ? Certainement pas !

L le grand étang le 12 fevrier 2017

enneigement du grand étang le 12 février 2017

 

Attendue impatiemment par les skieurs, la neige a été rare cet hiver, il a fallu déchanter

Après un mois de Janvier glacé et sec, les températures négatives ont avoisiné de – 3° à -20 ° dans les coins les plus froids du plateau. Les chutes de neige cumulées accusaient pour janvier et jusqu’au 15 février pas plus de 53 cm. On en a rajouter 6 cm du 15 février au 15 mars

L’hygrométrie n’était pas mieux servie Novembre 2016 : 190 mm, décembre 0,mm, janvier, 10 mm et février 75 mm.

Alors que les hivers précédents ont été beaucoup plus généreux.  Pour nous donner une idée voici quelques statistiques de chutes cumulées relevées à Thézillieu.

2009-2010: 191 cm / 2010-2011: 145 cm /2011-2012: 132 cm /2012 -2013 270 cm / 2013 -2014:154 cm / 2014 -2015: 213 cm: /2015 -2016:148 cm.

2016-2017 : 60 cm et l’hiver se termine, que la jeunesse sportive garde le moral, quand aux personnes âgées, elles seraient plutôt satisfaites.

Au 12 février, Le printemps semble faire son apparition…Les primevères fleurissent.

A notre grand étonnement, le marché du dimanche avait des airs de printemps et la terrasse du café de la place des FFI voyait les gens se réchauffer au soleil.

L Un temps de saison

A page de couverture

12 février 2017 à Hauteville

Mais les vieux du pays avaient un dicton « Quand Fevri ne fevrota pas aure mar qui marmotta ! »

Traduction approximative « si février ne se fait pas, c’est mars qui sera mauvais ! »

Si l’on se réfère à la sagesse des anciens, on disait aussi :

A la chandeleur l’hiver s’en va ou prend vigueur !

Février trop doux, printemps en courroux

Février et Mars trop chauds mettent le printemps au tombeau

Prenez-donc dans ces dictons ce qui vous arrange et faites en votre miel !

 

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06 mars 2017

La rue nationale inspire les artistes

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Insolite quand Lompnes se prend pour Saint Paul de Vence.

La rue nationale était encore dynamique, le peintre du dimanche trouvait son inspiration en ce lieu.

Ce qui nous permet de garder un souvenir de cette rue maintenant bien déserte.

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26 février 2017

La première équipe de foot du plateau

Nous sommes en 1927

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L'équipe s'appelle Union Sportive de Lompnes première équipe ? Y en avait-il une autre, nous ne le saurons jamais !

Les protagonistes sont ligne du haut de gauche à droite

Paul Maclet /Sussetto/ X / Gustave (coiffeur) / Charles peyraud

deuxième ligne : Regain / X / Camille Hugon

Ligne du bas : Max Lantheaume qui était facteur/ Champal / X

Plus personne ne pourra donner un nom aux X hélas!

cette équipe se renforça dans les années 1930

Ligne du haut : X / Paul Maclet/ René Hugon/Camille Hugon/ Robert Maclet/Charles Peyraud/ André Dassin

ligne centrale : Maxime Hugon/ X / XLigne du bas : Champal/ Léon Guy/ X

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18 février 2017

Eglise d'Hauteville : dalles funéraires

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Dalles funéraires dans l'église d'Hauteville.
Nous pouvons remarquer deux dalles funéraires dans l'église d'Hauteville
La première est à l'entrée à gauche.

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Elle est consacrée à Jean Louis Hugon, maître maréchal, d'où l'enclume les pinces et le Tau en haut de la dalle. le texte en est le suivant
Ci -gît Jean Lois Hugon, M maréchal de Lompnes (maître maréchal)
Fondateur de la mission perpétuelle des Messieurs de Saint Lazare d'Annecy décédé le X Novembre 17...
Priez pour lui.

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La deuxième à l'entrée de la chapelle de droite :

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Ci-gît
J.B.C.
Comte d'Angeville
Officier de Cavalerie
Chevalier de Saint Louis

Jean Baptiste Charles d'Angeville de Beaumont né le 13/11/1756 à Ameyzieu décédé à Lompnes le10 juin 1827

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Relevé généalogique de Thierry Faure David Nillet : ouvrage Seigneurs et Seigneuries du Plateau d'Hauteville-Lompnes

Lorsque les curés ou les religieux concèdent un emplacement dans des églises paroissiales ou conventuelles, ils tendent à exiger de plus en plus nettement au XVIIe siècle que ses bénéficiaires traitent avec un maçon pour la construction d'un caveau. Les évêques du XVIIIe s'efforcent d'interdire toute inhumation dans les églises hors des caveaux. Il arrive fréquemment en milieu urbain qu'au cours du XVIIe siècle sinon auparavant une communauté conventuelle, un chapitre ou les marguilliers d'une paroisse fassent lotir entièrement ou partiellement le sous-sol de leur église en rangées régulières de caveaux, lesquels sont ensuite concédés.

En 1776, une ordonnance de Louis XVI interdit, pour des raisons sanitaires d'ensevelir dans les églises.

La tombe de Jean Loïs Hugon date de 1740, celle du comte d'Angeville de 1827, ou bien, les gens du comté ont transgressé l'ordonnance royale ou il s'agit d'une dalle commémorative.

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07 février 2017

Gourmets et gourmands : les plaisirs de la table.

Les plaisirs de la table

Autrefois on parlait de la Liturgie de la table.

Les livres de recettes vous ouvraient les papilles rien qu’en les parcourant.

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Tout un programme, il fallait non seulement que la nappe blanche ou brodée soit amidonnée, Les serviettes marquées du chiffre des hôtes pliées savamment, mais il fallait aussi que la vaisselle soit agréable à voir. Ce n’était pas forcément du Limoges, mais des belles assiettes en terre de fer ou en faïence de Rouen,de Meillonas ou de Moustiers

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Chez les gens plus aisés, on trouvait des porcelaines de Limoges ou de Saxe, des émaux de Longwy

 

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Les verres étaient en verre soufflé, en Baccarat ou en Saint Louis. "Qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse!"

 

Il y avait tout un art de recevoir, il fallait parfois deux jours pour vous concocter un repas digne de ce nom.

 

Les entrées suivaient le rythme des saisons,des assiettes "fraîcheur" pour le printemps,

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des terrines pour l'Automne et l'Hiver.

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Pour Pâques et pour Noêl des desserts adaptés à la situation

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 Pour la saison de la chasse quoi de meilleur qu'une terrine de marcassin, de chevreuil ou de bécasses.

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Dans le Bugey nous sommes loin de la mer, mais une bonne langouste en bellevue se laisse apprécier.

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Bonne table et bonne chaire ne vont de paire qu'entre Bonnes Gens!

Un estomac content donne la chaleur au corps

Des amis à nos côtés donnent la chaleur aux coeurs

Les uns et les autres réunis c'est le repas de l'esprit

 

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26 janvier 2017

De Saint-Rambert à Champdor : l'histoire du petit berger de La Palud

Nous vous proposons l’histoire d’un petit garçon de 10 ans très chétif, natif de Saint Rambert, obligé de quitter son pays pour être placé comme berger à Champdor au hameau de La Palud. Aimé Pelletier a écrit un cahier sur ses souvenirs d’enfance.

A la lecture, nous avons été séduits par la manière dont il aborde sa nouvelle vie : le texte est particulièrement touchant. Son travail de berger, les travaux de la ferme durant toutes les saisons, l’approche de la nature, son regard d’enfants sur les évènements de l’époque en font une chronique très intéressante du pays Bugiste.

De Saint Rambert à Champdor :

 

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        Champdor vu des hauts de La Palud

Une Citroën, traction  avant noire, traversait la petite ville de Tenay en empruntant l’unique rue de la cité qui était aussi la route nationale. La voiture longeait les murs gris de l’usine « La Shappe ». Comme tout était triste dans ce décor austère de la vallée !

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          Nous arrivions au centre de la ville et juste avant le pont qui enjambe L’Albarine, notre chauffeur Lily Damour, taxi à Saint Rambert, tournait à gauche. Déjà la route se dressait devant nous, nous sortions de Tenay, la voiture s’engageait dans les gorges profondes, creusées par l’Albarine, que la route était obligée de suivre. Nous nous faufilions au gré de la nature, un peu impressionnante avec ses murailles à pic. Enfin, au bout de quelques kilomètres, la route profitait d’un pont pour traverser la rivière et quitter la vallée.

         La pente de la route s’accentua encore, ce qui fit dire au monsieur assis à côté de moi « ça y est, on attaque la côte d’Hauteville »

           Cette côte est bien longue et j’ai le temps de vous dire que je suis assis à l’avant du véhicule, un peu sur les genoux  d’un monsieur d’une cinquantaine d’années, aux allures de patriarche et portant un magnifique chapeau sur la tête.

           Ce gamin de 10 ans, qu’il avait sur les genoux paraissait bien timide. Fera-t-il un bon berger se demanda-t-il ?  

           La route, elle, continue de monter.

P les falaises de Charabotte

 

A la place des falaises verticales, ce sont maintenant des taillis ou des forêts dénudés qui bordent les talus. Rapidement nous arrivons à la maison de secours, halte auberge, seule présence sur cette longue montée. Cette bâtisse aujourd’hui abandonnée était alors un arrêt presque obligé pour voitures essoufflées ou gosiers secs.

P la maison de secours

           Je jette un regard furtif sur les occupants du siège arrière au moment même ou André, solide gaillard d’une trentaine d’années montre, à sa jeune épouse Fernande, la cascade de Charabotte vomissant son liquide d’une hauteur de 150 mètres. Mais Fernande, jolie brunette préfère se blottir contre celui qu’elle vient d’épouser ce samedi 21 mars 1943 à Saint Rambert. Elle dit au revoir à son petit village de Jarvonoz et à sa vie de jeune fille, pour rejoindre la ferme de son époux « la ferme des Grobon à La Palud » et ce pour la vie !

           A leur côté, très sérieusement, presque sévère, se tient Cécile Grobon, maîtresse femme. Elle forme avec Eugène un couple traditionnel des montagnards du Bugey.

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           C’est ainsi que l’auto, tranquillement arrivait à la passe du col de Charabotte et qu’enfin la route finissait de monter. Dès le petit col franchi entre deux parois rocheuses, c’est la belle nature du plateau de Hauteville qui nous accueille.

           Hauteville est une petite ville qui, grâce à son air pur a pour vocation de soigner les maladies  pulmonaires. Ces sanatoriums, aux noms chantant « Angeville, l’Albarine ; La Savoie » sont là pour soigner une terrible maladie : la tuberculose. Cette maladie qui me court après depuis déjà de longues années, et pour l’instant, sans me rattraper. Mais à voir ces belles forêts, c’est sûr que l’air doit  être bon dans ces belles montagnes.

           La voiture traverse la ville de  Hauteville presque déserte à cette heure ci ; on voit juste quelques magasins éclairés. Lily a déjà allumé les phares de la voiture. Nous dépassons le dernier sana « La Savoie » et déjà au détour d’un virage apparaît un village. « C’est Champdor » me dit Eugène. Je n’ai pas le temps de le découvrir qu’encore la route monte, mais une route qui n’est plus la même. Le bruit des pneus est différent, ce chemin est caillouteux. Lily n’a pas le temps de s’inquiéter car quelques minutes après apparaît une ferme. « Ce n’est pas ici » précise le père Grobon, « cette ferme est celle des Favre ». Une dernière montée, raide celle-là, et la voiture stoppe devant une grande bâtisse. Nous étions à La Palud.

Je quitte les genoux un peu durs d’Eugène pour faire mes premiers pas. Une odeur forte me prend à la gorge, pour cause, près de moi un énorme tas de fumier fumant fait face à la ferme.

           Avertis par le bruit du moteur de la voiture deux hommes en bottes crottées sortent d’une étable. On me présente « C’est monsieur Emin ». Il est accompagné de son fils Marcel, pratiquement du même âge que moi, mais bien plus grand et costaud. Sa poignée de main m’arrache le bras. Tous deux ont soigné les bêtes en l’absence de la famille Grobon partie à la noce.

           Je jette un regard autour de moi, et malgré la nuit tombante, je vois la forêt toute proche, silencieuse, noire, presque inquiétante.

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Mais ce qui me frappe c’est l’impression d’immensité. Des prés, des forêts, encore des prés et un silence impressionnant. Je lève les yeux et déjà les étoiles scintillent. Y a-t-il la mienne là-haut ? Je reviens sur terre car une grosse boule de poils vient se frotter à moi. « C’est Tayaut » me dit-on ! Il a de grands yeux marron qui semblent me souhaiter la bienvenue. J’en ai besoin, je vous l’assure. Moi aussi je lui dis bonjour en lui assénant une tape sur le dos. Il n’a qu’un moignon en guise de queue mais j’ai vu qu’il l’avait bougé de ravissement. Etais-ce mon premier ami ?

 

           Le premier jour à La Palud

On me fit entrer dans une grande pièce au milieu de laquelle j’ai remarqué une grande table en bois et cinq ou six chaises rangées contre le mur. Il y a aussi une grande cheminée qui n’est pas allumée. Par contre, une grosse cuisinière en fonte grise propage dans toute cette grande pièce une chaleur douce et appréciée. Cette grande pièce, en fait la salle de séjour, est éclairée par une ampoule toute simple auréolée d’un chapeau en fer émaillé blanc.

           On me fit asseoir près de la cuisinière, un peu en retrait, car tout le monde racontait cette noce ou prenait des nouvelles des bêtes. Je crus comprendre qu’il y avait des petits veaux.

           Les femmes s’affairaient à préparer le souper, déjà une bonne odeur de soupe se répandait, attirant deux chats vite repoussés dehors par un énergique mouvement du pied, gratifié  par la mère Grobon.

           Les hommes partis aux étables sont de retour, visiblement affamés et nous nous mettons à table ; soupe aux légumes, lard, fromage. Je n’ai guère faim, et comme d’habitude je m’endors devant mon assiette. Aussi, Cécile me conduit par un petit escalier en bois dans deux chambres situées sur la grande salle. La première avec un grand lit sera celle des jeunes mariés. Dans la seconde avec un grand lit haut et un petit dans un angle, la « Mère » me dit « Voilà ton lit ». Sans discours elle me souhaite bonne nuit, éteint et redescend.

           Je me trouve seul, mais j’entends en dessous les bruits des conversations que j’essaie de comprendre sans succès. Je pense à ma mère restée à Saint Rambert et qui m’a quitté à la porte du taxi les yeux embués de larmes. Pauvre maman nous n’avons pas été beaucoup ensemble pendant ces dix années. Je t’ai tellement posé de problèmes avec ma santé, mon manque d’appétit. Moi aussi j’ai fréquenté ces grandes maisons type « sana », qu’on appelait « préventoriums ». On a essayé la mer, la montagne, mais au grand dam des docteurs et en particulier du docteur Rigaud de st Rambert, je survivais c’est tout.

           Je n’arrive pas à trouver le sommeil. Trop de choses se sont passées aujourd’hui. Cette attente en début d’après midi dans mon appartement du 3ème  àSt Rambert, ma petite valise prête et moi toujours derrière les vitres à regarder les gens de la noce crier, aller d’un bistrot « Gentil » à un autre « Chanut », boire, rire. Je remarque mon parrain Joseph Brun, bout en train et bon vivant, chanter un verre de vin rouge à la main.

           Je revois arriver cette voiture noire, se ranger le long du trottoir, mes adieux à Melle Bornarel amie de ma mère, la descente des escaliers en bois pour traverser la route, ma main accrochée à celle de ma mère. Je me revois être présenté au père Grobon, un peu étonné qu’on lui assure que ce gamin maigrelet va être son berger. Je revois les adieux de la famille Gudet à Fernande, toute belle dans son tailleur bleu et ma mère penchée vers la fenêtre au moment ou la voiture démarre. Et puis s’en est trop, je m’endors pour ma première nuit à La Palud.

Virginie, Cécile, Eugène et AndréGrobon  devant la ferme.

 

 

Je découvre le paysage :

P premier décor' pour le petit berger

 

           Le lendemain matin lorsque je me réveille, je ne vois personne dans les chambres. J’ai un peu honte je n’entends aucun bruit. Je descends et personne non plus dans la grande salle. Seule une odeur de café embaume la pièce.

           Je me hasarde dehors, mon premier bonjour vient de Tayaut, toujours à la recherche de caresses. Je m’avance sous l’auvent et devant un spectacle merveilleux je m’arrête ébloui. Devant la ferme la nature est d’une beauté saisissante. D’immenses prés à l’herbe rase et déjà verdissante s’étalent tout autour. Des haies encore dénudées bordent les prés. A perte de vue une forêt de sapins s’élève jusqu’au sommet de la montagne. Devant moi en léger contrebas une ferme blottie contre une haie de sapin se réveille. Une épaisse fumée qui s’échappe de la cheminée m’apprend que les habitants sont réveillés. Une autre bâtisse se trouve à deux ou trois cents mètres de moi, un peu au-dessus, elle a l’air inhabité.

           Par contre cette ferme inoccupée est pratiquement au ras de la forêt. Les prés qui nous séparent de cette ferme sont en légère déclivité, ensuite la forêt attenante est beaucoup plus en pente. Mes yeux suivent la crête dentelée et derrière le soleil se lève, réchauffant ce milieu de printemps. Je me suis donc orienté.

           Un « bonjour » me ramène à la réalité. C’est André qui sort d’une étable avec un grand seau de lait fumant à la main et je comprends qu’une journée à la ferme, fusse un dimanche commence de bonne heure le matin.

           Lorsque les bêtes sont soignées, c’est le terme employé, c'est-à-dire nettoyées, nourries et traites ; et bien c’est au tour des fermiers d’aller boire le café.

           Ce premier jour à La Palud passa très vite. Je n’eus que le temps de jeter un œil à l’entrée des étables, apercevoir les bêtes toutes bien alignées et tranquillement occupées à ruminer. Je fus impressionné par la grosseur des vaches et surtout des deux bœufs que je trouvais énormes.

l’objet au départ d’un nouvel ordonnancement autour de la grande table. Le Père garderait sa place en bout de table dos tourné à la cuisinière, à côté de lui Cécile sa femme et ensuite Fernande, en face au bout André et à ses côtés Aimé. Pendant les cinq ans que j’ai passé à La Palud, cet emplacement a été respecté quoiqu’il arrive même en l’absence de l’un de nous.

           Les jours qui suivirent mon arrivée à La Palud furent assez difficiles à vivre. Il me semblait que le contact ne passait pas bien entre nous. J’avais tout simplement du mal à m’habituer. Je ne me languissais pas, ma mère ne me manquait pas, mais je n’étais pas à mon aise. Seule Fernande semblait comprendre mon malaise car elle-même, et je le compris plus tard, souffrit de ce changement de vie. Quelle différence pour elle, qui avait été ouvrière d’usine, avec plein de jeunesse autour d’elle, de se retrouver dans une ferme isolée. Même si tous étaient gentils, il m’a été difficile au début de supporter la mentalité du Haut Bugey. Peu de paroles inutiles, simplement le nécessaire. Il a donc fallu s’adapter, s’habituer, se joindre au cercle. Fernande et moi, alliés par la force des choses, devions nous faire admettre dans l’habituel.

           Les premiers jours furent lancinants, d’autant que la météo n’était pas très souriante. Il se remit même à neiger, ce qui n’empêchait pas les fermiers de s’activer aux soins du bétail, du matin au soir. Du nettoyage des étables en passant par la traite des vaches, leur nourriture, emporter le lait à la fruitière au village, faire téter les veaux (il y en avait 4 ou 5), aller à l’eau. Car voilà bien le problème de La Palud, il n’y a pas d’eau dans les fermes. Il fallait aller la chercher au « bac », la fontaine qui déverse son précieux liquide dans deux bassins profonds d’un mètre environ ce qui permet aux troupeaux de venir s’abreuver tous ensembles.

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Ce bac était à 150 mètres des maisons. C’est par deux seaux à la fois que les habitants de la ferme transportaient l’eau hiver comme été. Les premiers temps j’étais exempté de cette corvée, mais le temps passant et d’abord par demi-seaux et ensuite seaux complets, c’était devenu ma corvée. Et bien heureux qu’une vache ne vêle pas, car si c’était le cas, ce sont de nombreux voyages qu’il fallait faire, pour remplir la chaudière en fonte et faire chauffer cette eau pour les soins de cette maman et de son petit.

Première responsabilité :

           Tout doucement je m’habituais à la ferme et le père Grobon m’avait donné ma première responsabilité : à l’heure de la traite, j’allais tenir la queue de la vache qu’il traisait. De temps en temps la bête manifestait son humeur par un mouvement brusque de la queue que je lâchai, et qui venait frapper la casquette du père Grobon, jusqu’à la faire tomber. Confus je rattrapais la maudite queue, mais j’avais droit à un regard noir du Patriarche. Pas un mot, mais que ce regard en disait !

P la Palud 12 fevrier 2017

           La ferme de La Palud aujourd'hui

Je commençais à me plaire au contact de ces animaux calmes qui me regardaient avec des gros yeux ronds. J’entrais maintenant dans les étables, enlevais les bouses qui risquaient de salir les bêtes, au passage je les caressais. Elles avaient des noms simples et charmants : Fleurine, Fleurinette, Ruban, Gentille ; mais toutes connaissaient leur nom et respectaient une certaine hiérarchie. La plus âgée et la chef était Ruban. D’ailleurs, elle avait la première place en entrant dans l’étable, ensuite les vaches étaient placées par ordre d’ancienneté et les jeunes génisses au fond de l’étable.

           L’étable des vaches était placée contre le mur Est de la ferme, tandis que l’étable des boeufs et des veaux était côté Ouest, contre le logement. Entre ces deux étables il y avait la grange et au-dessus des étables les greniers à foin. Lorsqu’on voulait donner du foin aux bêtes, on grimpait avec une échelle sur un grenier et on jetait le foin sur le sol de la grange, on ouvrait un genre de volet placé devant chaque bête et on plaçait la ration voulue dans la crèche. C’était aussi simple que ça. Je trouvais les greniers à foin immenses, en ce mois de mars ils commençaient à se vider, mais pensez à la quantité de foin qu’il fallait pour tenir un hiver à la montagne avec une vingtaine de bêtes. En fin de fenaison le tas montait jusqu’au toit, et ça fait haut ! Un coin de grenier était réservé à la paille pour la litière des bêtes.

          Les rigueurs de l’hiver :

P Champdor et Corcelles en hiver

 L’hiver, les bêtes descendaient deux fois par jour à l’abreuvoir que l’on va définitivement appeler « bac », comme tous les habitants de La Palud ; on allait au bac, voilà qui est dit ! Je disais donc que deux fois par jour les bêtes sortaient des étables l’hiver, pour aller boire, après qu’elles aient été soignées, le matin vers 9 heures et le soir vers 17 heures quasiment à la nuit tombante.

           Certains matins d’hiver, j’ai vu les bêtes descendre boire avec 40 cm de neige, elles nous faisaient la trace. Cette sortie à l’abreuvoir était tout un cérémonial, on détachait les vaches dans l’ordre qu’elles sont à l’étable suivies des bœufs, des génisses et des moutons. Tout ce petit monde descendait tranquillement boire et en profitait, quand il n’y avait pas de neige à traîner de ci de là en essayant de brouter. Au bac tout ce petit monde se rangeait côte à côte, et par large rasade étanchait sa soif, d’une eau très fraîche. Ensuite on remontait tranquillement et sans aucun incident les bêtes reprenaient leur place dans les étables. Bien sûr au début je ne faisais qu’accompagner le père Grobon ou André, mais très vite on allait me confier cette responsabilité de mener les bêtes au bac.

           En cette saison, l’hiver n’ayant pas tiré sa révérence, les troupeaux restaient aux étables. On attendait les beaux jours pour aller en pâture, en gros il fallait attendre Pâques. Là- haut dans ces montagnes pour les bestiaux l’hiver commençait à la Toussaint et finissait comme je vous l’ai dit à Pâques, même si certaines bonnes années il y avait un battement d’une quinzaine de jours.

           Il y avait maintenant quelques jours que j’étais à La Palud, et bientôt la ferme n’avait plus de secret pour moi. Les Grobon s’en aperçurent vite et comme je semblais n’avoir peur de rien, surtout pas de la solitude il fût décidé que j’aurais ma chambre. Je m’en réjouis, surtout de ne plus entendre le père ronfler durant la nuit.

Un début d’indépendance :

Un matin Cécile me demanda de l’accompagner. Avec des draps, des couvertures elle sortit de la maison, je la suivis un peu inquiet. Elle entra dans la grange, la traversa et emprunta un petit couloir noir, sans éclairage. Arrivée dans une petite pièce qui ressemblait à un atelier, nous nous sommes trouvés devant un escalier, plutôt une échelle avec des marches en bois (une échelle de meunier).

Au sommet de cet escalier, une petite pièce. Dans un coin un grand lit ancien, tout en hauteur, rien d’autre en mobilier. Mais sur tout un coté des genres de cages, trois au total contenant l’une du blé, l’autre de l’orge et la dernière de l’avoine. Une petite fenêtre pouvant juste laisser passer un enfant éclairait cette pièce. Mais quelle vue ! On couvrait d’un seul regard tout le plateau. Une ampoule pendait au plafond, mais il n’y avait pas d’interrupteur.

           Sans rien dire Cécile fît le lit, un matelas qui semblait douillet, les draps, une couverture en grosse laine et un édredon de couleur bordeaux assez épais.

« Gamineau » me dit-elle, voilà ta chambre, tu seras plus tranquille ici qu’avec nous. J ‘acquiesçais de la tête après avoir sauté sur le lit que j’avais trouvé bien doux. En regardant bien je trouvais quelques petites crottes noires sur le plancher. Je compris tout de suite que je n’étais pas le seul occupant de cette chambre. Mais je vous l’ai dit, je n’avais peur de rien et pas même des souris. Et puis on verrait bien ce soir.

Heureux d’avoir ma chambre, la journée se passa donc bien. Dès Cécile partie, j’en profitais pour explorer ce coin de ferme que je ne connaissais pas. Ma chambre, je pense vous avoir tout dit, mais au rez-de-chaussée la petite pièce était pleine d’objets de toutes sortes : outils, skis, râteaux, fourches. Il y avait un banc de menuisier, des planches et mille autres choses. En plus, ça sentait bon le bois, le grain et les pommes, car il y avait des étagères de belles pommes bien rangées. Vous me croiriez si je vous disais que j’en ai mangé deux ou trois ?

A suivre

 

 

 

 

 

 

 

       
   
 
 
 
 
 
 


 

 

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22 janvier 2017

Un moulin sur la Mélogne

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Moulin disparu : le moulin de Mélogne.

Sur des archives de 1495, Louis de Bonnivard  cite dans un document « la roche du moulin du Seigneur de Gramont » appelé moulin de Mélogne.

Antérieurement,  Hugues, seigneur de Gramont était conseiller d’Amédée VI de Savoie, il acquit la seigneurie de Lompnes le 28 octobre 1361, d’où la présence des Gramont sur le plateau.

On trouve une nouvelle trace du moulin en 1685, Philippe Vulliod loue la moitié du moulin à Martin Tronchon, maître charpentier de Cormaranche

1698 : Claude Cachet et Anthelme Vulliod sont propriétaires de ce moulin

En 1714, Jean et Claude Genod propriétaires, ils louent la moitié à Jean Cachet pour trois ans

En 1805, il appartient à Guillaume François Hector Collet-Meygret de la Burbanche.

En 1843, Le meunier Jérôme Cachet né en 1804, il épouse Julia Meygret –Collet, il achète le moulin. La scierie qui l’accompagnait sera démolie en 1853.

Ernest Cachet son fils né en 1862 marié à Marie Mathilde Brachet continue l’exploitation

Le moulin fonctionnera jusqu’à la guerre de 1914-1918. Jérôme Cachet fut accidenté dans le moulin.

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Sport d'hiver au moulin

Ses enfants, 3 garçons et une fille ne continuèrent pas la meunerie : Joseph disparu à la Guerre, Victor habita Lyon,  Abel reprit la ferme familiale, et Emma mariée à Alphonse Flacon fit construire une petite maison sur les lieux.

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Emma devant la façade sud du moulin

 

Le moulin termina dans un incendie lors des  années 1940-1946.

Il reste actuellement quelques ruines sur la Mélogne au dessus de la cascade du même nom.

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