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08 août 2020

L'étrange bénitier de l'église d'Evosges.

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Le bénitier de l'église d'Evosges.
L'église est déjà citée en 1191 dans une bulle du papeCélestin III, elle appartenait à l'abbaye de Saint Rambert.
Dans le village d'Evosges  au XIVème siècle, Les archives de Dijon font état de la peste de 1350 qui anéantit 39 chefs de famille.
Evosges possède une jolie petite église très bien entretenue et dans laquelle on peut remarquer un étonnant bénitier ou fonts baptismaux qui a été classé dans l'inventaire des monuments historiques le 4 Août 1975
comme Bénitier en pierre, décoration style pré-roman

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Il est accompagné d'une pierre revêtue de signes cabalistiques étonnants, une étude complémentaire serait intéressante, si un lecteur pouvait nous donner la clé du mystère de cette pierre, nous serions très intéressés.

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03 août 2020

Un manuscrit de la Chartreuse de Meyriat au Vatican.

A Meyriat au XVIIème siècle - Copie

Un manuscrit de la Chartreuse de Meyriat au Vatican.

Meyriat n’est plus que ruines, mais de nombreux visiteurs se rendent chaque dimanche sur les pas des moines, arpentant les chemins qui entourent l’ancienne abbaye

Fondée en 1116 ? Quelques années plus tard, les pères Chartreux avaient déjà une belle bibliothèque. Ruinée à la révolution, un certain nombre de manuscrits avaient été distraits auparavant

Un de ceux-ci est à la Bibliothèque du Vatican. Parmi les livres précieux légués par la Reine Christine de Suède qui mourut à Rome en 1689.

Ce manuscrit –Reginensis110- mesure 32 centimètres sur 23 et compte 131 feuillets, il a été copié au XIIème sicle et contient le livre des « Divins Offices » de Rupert, abbé de Deutz en 1129.

Sur le premier feuillet, on lit : Liber Morevi, Livre de Meyriat indication mise au XIIème siècle.

Au dos on lit une note du XVIème siècle « En l’an du Seigneur 1551, du 2 mai, jour de l’Ascension jusqu’au 7, il tomba beaucoup de neige et par la miséricorde de Dieu, elle ne fit aucun mal.

L’hiver 1551, fut donc tardif, les moines de Meyriat, comme tous les habitants de la région eurent grand peur de voir leurs cultures ravagées.

 

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19 juillet 2020

la saint Cochon

 

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Réminiscence d’un autre âge : La saint cochon !

 

          A vrai dire, on l’aimait bien ce petit cochon, depuis le 15 mai, jour de la foire de Cormaranche. Il faisait partie de la maison.

          Ce matin-là, le voisin avait attelé son cheval à la voiture astiquée de la veille et à l’aube, nous étions partis.

           A cette époque, Cormaranche avait en plus la spécialité d’être la foire aux petits cochons. Ils étaient là, sur la place, parqués dans des boxes, dormant au soleil sur leur litière toute fraîche entre le marchand de fenasse*et de pellagras* et le fabricant de fourches et de râteaux. Choisir le meilleur n’était pas une mince affaire …Rien ne ressemble autant à un joli cochon rose qu’un autre joli cochon rose…

 

Palabres, marchandages, l’affaire se terminait au bistrot d’en face et l’on chargeait son emplette qui grognait déjà de plaisir. Ce voyage était pour moi un émerveillement, tout ce monde, ces forains, ce bétail et cette longue promenade sur une route qui était encore bien à nous …

 

Comme j’ignorais encore tout de la finalité, je trouvais ce petit goret si gentil, si amusant que j’étais comblé.

 

Et nous arrivions à la maison où le bouédet* était prêt au fond de l’étable à l’abri des courants d’air et garni de paille. Je vous ferai grâce de la période qui sépare le 15 mai du jour du sacrifice. Un bon cochon ne se fabriquait pas comme aujourd’hui, le temps avait le temps : pour grandir ( un cochon doit grandir avant de grossir) il lui fallait une nourriture légère et équipés d’un gant ou d’une vieille chaussette, nous allions pour lui cueillir des orties le long des routes.

 

Bien sûr, après les battages, il aurait droit à la farine d’orge et aux petites pommes de terre cuites dans l’eau de vaisselle qui n’était qu’une eau grasse sans nitrate, ni perlimpinpin. Cette technique autant traditionnelle qu’économique était assez efficace et, à ce régime, notre animal allait bien arriver au mois de l’Avent à peser ses 140 ou 150 kilos.

 

Et de grognements en grognements, de pommes de terre écrasées au pilon en pâtées d’orge, on arrivait à cette fameuse fête du cochon.

 

Etant assez sensible, on m’avait préparé en me disant que lui même était content de la journée, et comme j’en étais à ma première année de catéchisme, je venais de comprendre pourquoi on avait baptisé cette journée LA SAINT COCHON.

 

Tout était prêt ! La lune était bonne, la chaudière fumait dans un coin de la cour, les esses suspendues à la poutre du dreffia, le cuvier renversé et étuvé de la veille, la voisine la plus aguerrie avec son seau, les costauds du quartier que l’on avait invité à boire la goutte… il ne manquait rien, même si tout cela n’avait pas l’allure d’un abattoir aux normes officielles…

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Et l’on attendait le bourreau, un nom qui ne convenait pas du tout à ce brave JOSET, figure locale pacifique et immortelle : polyvalent, il cumulait tous les métiers, cultivateur, cafetier, coiffeur, mais les mois d’hiver, tuer les cochons, les saler était son sacerdoce…Il arrivait toujours en retard, tablier blanc, sabots vernis, panier au bras. Quelle panoplie ce panier ! Recouvert d’un linge immaculé, il contenait tout un abattoir : couteau pour saigner, couteau pour trancher, pour dégraisser, scie, feuille à découper, entonnoir à boudins, fusil pour affûter…Comme on était pratique à l’époque comparé à tout ce qu’il faut aujourd’hui pour le même travail.

 

Tout était donc tip –top, le sacrifice pouvait s’accomplir. En un clin d’œil, la bête, qui n’avait rien mangé le matin pour ne pas avoir les tripes et les boyaux encombrés, un peu hébétée, était empoignée, plaquée sur le cuvier et solidement tenue par les quatre ou cinq gaillards qui ne lui laissaient aucune chance..

 

Dans l’innocence de mes huit ans, pour m’éviter l’horrible vision du couteau rasant puis coupant la carotide, on m’avait choisi une utilité. Plein de sagesse, on m’avait confié une place qu’on jugeait très importante. Je tenais la queue du cochon et des deux mains, je me cramponnais à ma mission.  Des hurlements, un dernier soubresaut, JOSET manœuvrait la patte gauche pour récupérer les dernières gouttes de sang. La bête était bien morte, JOSET rangeait son premier couteau, ma tâche était terminée.

 

Puis la toilette pouvait commencer, dans le cuvier retourné, notre animal trempait dans l’eau frissonnante, les soies commençaient à se détacher, tous s’affairaient, qui avec des couteaux, qui avec des cuillères à lui faire retrouver sa couleur originelle. Etendu sur une échelle, on lui avait arraché les onglons et, avant de le suspendre et de sortir les entrailles, il était redevenu tout rose, tout joli, comme à la foire de Cormaranche. 

 

Mais il fallait se hâter puisque à midi, on mangerait déjà le pot au feu et le civet. Toutes ces choses encore fumantes allaient se transformer en produits merveilleux. La gorge deviendra civet, la tête transformée en gelée, le foie en terrine, le sang agrémenté de crème fraîche, vin vieux, oignons, deviendraient un régal. Et de ce régal, les voisins profiteraient. Demain, nous irons leur porter la fricassée, une belle assiette emplie d’abats, cerclée de boudin et recouverte d’un voile artistement découpé dans la coiffe. Tout le quartier avait droit à la fête où rien n’était perdu, la vessie séchée ferait une blague pour le grand-père et le seul morceau non comestible pendu à la remise servirait à graisser les scies.

 

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Notre JOSET n’avait pas son pareil pour doser savamment les épices et la mise au saloir des morceaux préalablement frottés à l’ail était une véritable cérémonie.

 

Et Au diable, le cholestérol !

 

Ne serait-ce que pour mettre l’eau à la bouche des plus de cinquante ans –les autres ne peuvent connaître- je leur parlerai de l’odeur de la gelée, de l’arôme du civet, du goût du boudin sortant de la chaudière et la saveur d’une roulette après six mois passée au saloir. Comme moi, ils se souviennent encore de ces choses si simples, si bonnes et des fameux repas où LUCULLUS mangeait chez LUCULLUS*

 

                                                                                                           MARIUS GUY

 

*fenasse : nom donné autrefois à toutes les graminées

*pellagras : nom vulgaire du sainfoin

*bouédet : nom patois désignant la soue

*LUCULLUS : Romain célèbre par sa richesse ostentatoire et le raffinement de sa table.

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12 juillet 2020

C'était la moisson!

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C’ETAIT LA MOISSON……

 

C’est à partir de la mi-juillet que notre plateau se paraît de belles couleurs dorées.

De petits rectangles jaunes incrustés dans la prairie transformaient celle-ci en une agréable mosaïque. C’était avant la venue des « rabistoqueurs » du patrimoine, avant le remembrement très positif bien sûr, mais laissant malgré tout planer certains regrets : Plus moyen de s’interpeller d’une parcelle à l’autre en piochant les pommes de terre, plus moyen de casser la croûte ensemble faucheurs ou sarcleurs sous les buissons qui limitaient nos propriétés. De petits ruisseaux canalisés nous permettaient de mettre la bouteille au frais.

 

Au ras du sainfoin ou des betteraves, la vie paysanne y était plus sociable, plus reposante.

Sur ce vêtement d’Arlequin que formaient nos terres, la mosaïque était parfaite, les petites bandes jaunes, c’était les champs d’orge ou de froment, le vert foncé, les carrés de choux. De temps à autre une végétation spontanée de coquelicots écarlates ou de ravenelles dorées ignorant le désherbage chimique, ravissait les citadins.

 

Comme elle était belle notre moisson ! Sans complexe, nous en étions aussi fiers que les céréaliers de la plaine. Elle était forcément belle puisque à l’époque, il fallait simplement gagner son pain et qu’elle serait suffisante pour assurer ce pain à toute la maisonnée.

Le jour de la moisson, nous laissions « tomber » la rosée et écrasions un épi dans le creux de la main pour en apprécier la maturité.

Avec d’aussi petites parcelles, nous n’avions encore rien trouvé de mieux que la coupe à la faux ; des faux bien « enchaplées », bien aiguisées, et le faucheur, « kovie » à la ceinture avançait lentement. On ne fauchait pas les blés comme l’herbe, chaque coup de faux s’accompagnait d’un tout petit pas et d’un petit coup de poignet pour relever les épis qui s’appuyaient sur les précédents et s’alignaient comme rangés à la main.

 

A l’arrière, la fille ou la femme de la maison équipée d’un râteau neuf pour la circonstance, d’un geste très étudié où l’on a besoin de s’aider du pied, fabriquait de belles javelles qui séchaient quelques heures avant la construction des gerbes…

Les liens de bois en viorne (les meilleurs), en noisetier ou en sorbier étaient étalés un à un sur le chaume. Il appartenait aux gosses de « mettre sur les liens » travail sérieux s’il en est, consistant à empiler quatre javelles prises à la brassée que le lieur tasserait avec son genou après avoir tiré une poignée d’épis de la gerbe précédente pour « empailler ».

 

Tout cela s’appelle folklore aujourd’hui, je suis le dernier à vous en parler, tout à une fin en ce monde et ce laborieux passé a tout de même servi à nos ancêtres pour survivre et  maintenir un environnement pas si déplaisant.

 

En voyant manœuvrer aujourd’hui des mastodontes, plus larges que nos anciennes parcelles, et qui ne laissent rien aux glaneuses ni aux petits oiseaux, vous jugerez et sourirez peut être…

C’est pourtant comme cela que l’on faisait la moisson  et gagnait son pain il y a cinquante ans au pays des sapins.

 

                                                                                              MARIUS GUY

 

« kovie » nom patois du cuvier ou coffin où l’on loge la meule

« enchaplées » la lame de la faux était recouverte d’un étui de cuir ou de toile

 

 

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Visites pastorales, paroisse d'Hauteville.

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Paroisse d’Hauteville :                                                 François de Sales

Visites pastorales des évêques :

                                                      

En 1767 : 1000 âmes

En 1877 : 1195 âmes

1Août 1580 : Monseigneur Claude de Granico, 2vêque et Prince de Genève.

1 Novembre 1605 : Saint François de Sales.

2 Septembre 1650 : monseigneur Charles Auguste de Sales

16 juillet 1666 : Monseigneur Jean  d’Arenton d’Alex

2 août 1700 : Monseigneur de Bernex

1712 : Mg Michel Gabriel de Rossillon.

25 juillet 1767 : Mg Jean Pierre Biord, Evêque et prince de Genève, Abbé de Chezery

21 mai 1813 : Mg le cardinal Fesch, Archevêque de Lyon, oncle de Napoléon.

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16 juin 1824 – 2 juin 1840 – 23 mai 1847 : Mg Alexandre, Raymond Devie

2 mai 1852 et 1 mai 1855 :

 Georges Pie Chalandon, coadjuteur de Mg Devie         

1 mai 1859- 1 mai 1864- 20 Avril 1869

Mg Pierre Henri Gérault de Langalerie qui devint archev^que d’Auch

10 juin 1874 :

Mg François Marie Benjamin Richard.

19 mai 1878 :

Mg Jean Joseph Marchal,

Dans les évêques suivants on peut relever, source évêché.

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30 juin 2020

Gentil coq'licot!

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J’ai descendu dans mon jardin (bis)
Pour y cueillir du romarin.
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Pour y cueillir du romarin (bis)
J’n’en avais pas cueilli trois brins :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

J’n’en avais pas cueilli trois brins, (bis)
Qu’un rossignol vint sur ma main :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Qu’un rossignol vint sur ma main, (bis)
Il me dit trois mots en latin :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Il me dit trois mots en latin, (bis)
Que les hommes ne valent rien :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Que les hommes ne valent rien, (bis)
Et les garçons encor bien moins :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Et les garçons encor bien moins, (bis)
Des dames il ne me dit rien :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Des dames il ne me dit rien, (bis)
Mais des d’moiselles beaucoup de bien :
Gentil coq’licot, Mesdames.
Gentil coq’licot nouveau.

Jean-Baptiste Weckerlin

L 12 coquelicots

P harmonie dans la nature

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12 juin 2020

Muscat à la fleur de sureau...

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Muscat à la fleur de sureau.
En ce moment les haies du plateau sont pleines de fleurs de sureau, il faut en profiter pour faire un bon apérifif  de grand mère pour se remettre des ces jours de confinement.


20 grammes de fleurs de sureau
20 grammes de coriandre
300 g alcool 90°
Faire macérer une semaine
Mélanger à 5 litres de vin blanc
1 kg sucre semoule
Macérer 3 semaines

Filtrer. Laisser reposer quelques semaines...
A déguster très frais

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10 juin 2020

Ces plantes qui nous guérissent

CES PLANTES QUI NOUS GUERISSENT..

 

Depuis que les gouttes, les gélules, les pilules ont remplacé infusions ou décoctions, les plantes ont bien perdu de leur importance.

 

Au risque de se ridiculiser, qui oserait encore se soigner après avoir consulté « LA MEDECINE DES PAUVRES » livre de chevet du début du siècle passé.

Personne n’avait fait des études de botanique mais chacun connaissait la plante capable de soulager son mal.

 Les mots savants oubliés étaient remplacés par des noms régionaux fleurant bon la nature : Herbe de saint Jean pour l’armoise, à fièvre pour la centaurée, au charpentier pour le millefeuille, souci des Alpes pour l’arnica, barbe de chèvre pour la reine des prés etc.…etc.…

 

La médecine moderne est certainement plus efficace, elle soulage et guérit plus rapidement, on consulte aujourd’hui avant d’être malade et sans avoir pris la première infusion.

Il y a quelques décades les médecins étaient rares, ils avaient peu de moyen de déplacement et la Sécu n’existait pas. Et puis, qui sait si le fait d’agir lentement n’était pas aussi salutaire sur les petites maladies que ces nouvelles drogues puissantes et agressives. Aujourd’hui, malgré les progrès de la chimie certaines de ces plantes sont encore à l’origine de bien des médicaments.

A la maison, une chambre leur était réservée et l’on retrouvait là les souvenirs de la cueillette en se persuadant que si la nature avait « crée » les maladies, elle avait aussi « crée » les remèdes.

Il y avait le bocal où les fleurs de lys baignaient dans l’eau-de-vie, le sachet de queues de cerises rappelant le marchand de Belmont et son cheval, le tilleul cueilli depuis le sommet du char de foin, le sureau rapporté à plein panier, le serpolet arraché dans les pâturages et cette capiteuse odeur qui même en plein hiver rappelait le foin nouveau.

Il arrivait que les plantes servaient aussi à des pratiques commerciales et des marchands venus du Midi nous proposaient les leurs. Inutile, nous avions dans nos montagnes les remèdes à tous les maux. D’autres charlatans colporteurs offraient leur baume miracle et des recettes que j’hésite à vous conter pour ne pas vous laisser croire que j’en suis à la fin de ma cure d’ellébore.

Gamin, je n’avais pas trop d’admiration pour cette médecine et comme je ne pensais qu’à grandir et qu’il n’y avait qu’une solution, je mangeais courageusement ma soupe aux herbes sauvages après avoir ingurgité une atroce liqueur de bourgeons de sapin que ma bonne grand’mère ne fabriquait que pour moi.

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En cette saison où les microbes de la grippe ont tendance à vous assaillir, ce n’est pas risquer beaucoup de prendre une infusion de tilleul-centaurée sucrée au miel et allongée au marc du Bugey – rien que des produits naturels –

La nouvelle génération doute beaucoup de ces vertus ; il est tellement plus rapide d’avaler une gélule que de préparer une tisane ! Les jeunes ont une double excuse, ça les retarderait dans leur vie trépidante et en plus, ils ne connaissent pas.

Marius Guy

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19 mai 2020

Orsac à Hauteville-Lompnes histoire, les anciens se souviennent

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La fondation de l'Orsac

Tout a commencé par la volonté d'un homme René Sené, arrivé à Hauteville comme malade. Il s'installe à la pension "La Cascade".

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Pension La Cascade

Il s'ennuie et cherche à rencontrer des jeunes poitrinaires comme on les appelait à l'époque. Toute cette jeunesse échange des idées et se demande pourquoi ne pas se rassembler en un lieu où elle pourrait vivre ensemble leur exil forcé dû à la maladie.

Parmi ces jeunes, plusieurs sont pensionnaires de la villa Hélios, un petit sanatorium de 23 lits tenu par les pères jésuites. Il y a à cette époque le père Mayet, fondateur et les pères Lacroix et  Michel Mondésert. Malheureusement la villa est trop petite pour les accueillir.

En 1935 René Sené loue la villa Marie Louise, Il n'y a que trois chambres, mais des jeunes voudraient les rejoindre.

C'est ainsi qu'il contacte Monsieur Viallon, propriétaire de La Cascade, Celui-ci admettra dans son établissement, tous les jeunes recommandés par René Sené. Il y règne un esprit très positif, un petit atelier se crée, puis une chapelle. La maison devient le rassemblement de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne, l'abbé Bailleul en soin à Hauteville en devient l'aumônier.

Malheureusement il n'y a que 20 places. Les jeunes songent alors à fonder un foyer ouvert à toute personne qui partagent leurs idées chrétiennes, communautaires et sociales;

Dès 1936, les scouts de France, choisissent cet établissement pour les jeunes qui tombent malades.

L'Association Catholique de la Jeunesse Française parraine cette petite formation. Par les scouts de France, Léon Groues est contacté, il me semble qu'il était le frère du futur Abbé Pierre., celui-ci recrute comptable, et un noyau d'administrateurs lyonnais.

Le 29 septembre 1937, les statuts de l'organisation sénatoriale catholique sont déposés sous la marque ORSAC.

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Splendid Hôtel

L'hôtel Le Splendid est alors en vente, tous ces jeunes font jouer leurs relations, famille, amis, réseau professionnel. Le Docteur Delannoy marié à Mademoiselle Marie Gavoty, jeune fille fortunée apporte la somme nécessaire à l'achat du Splendid, en créant une société immobilière.

L'acte de vente est signé le 23 décembre 1937, un vrai cadeau de Noël pour toute cette jeunesse.

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une joyeuse équipe

L'établissement évolue création d'une infirmerie pour les soins, une salle de jeux, les pères d'Hélios viennent donner des cours. Cinq religieuses sont recrutées dont deux infirmières, une cuisinière et une lingère.

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Une des équipes de l'Orsac après la guerre

Et voilà l'ORSAC lancé, mais la guerre arrive et là la petite troupe de jeunes, va essayer d'obtenir le ravitaillement, ils vont même jusqu'à élever volailles et lapins.

A la fin de la guerre en 1945, l'Orsac compte 60 malades.

La population hautevilloise a bénéficié de la joie de vivre malgré l'adversisté de tous ces jeunes. Qui ne se souvient des pièces de théâtre, de l'animation dans la ville lors des mardis gras, de l'orchestre le Rimifon Jazz, des canulars montés par ces joyeux lurons -lire dans ce blog la visite de Jean Nohain-

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Au théâtre on plaisante même avec la maladie

Nous aimions les Orsaciens, beaucoup se sont établis à la fin de leur traitement dans la ville, ils ont construit, fondé des commerces, se sont embauchés dans les sanatoriums comme employés ou dans les entreprises du plateau.

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les anciens orsaciens devenus hautevillois

La graine semée par René Sené fut bonne et la moisson récoltée pour la ville fut belle!

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Quand l'Orsac fêtait ses 70 ans

courrier du 1 février 2020

merci pour ce témoignage

 Bonjour, mon père et son frère ont été pensionnaires à l'Orsac dans les années 50.
Mon père est décédé le 25 janvier 2020 dans sa 90eme année . il s'appelait paul Brochard et son frère Yves, ils étaient originaires de Vendée et ils étaient présents pour les 70 ans de l'Orsac, ils sont sur la photo, Yves le 1er du 1er rang en haut à gauche et mon père Paul le 5eme au même niveau avec le visage à moitié dans l'ombre. mon père recevait régulièrement le bulletin et gardait un très bon souvenir de ces années.
Je ne connaissait pas cette photo avant aujourd'hui, voilà c'était pour lui rendre hommage.
Bien cordialement
Jean-François BROCHARD

 

Bonjour,
55 ans plus tard, je tiens à témoigner du dévouement des docteurs, Saint Pierre et Morvan, de toutes les infirmières et de tout le personnel de l' ORSAC. J'y ai été soigné dans les années 1965 et 1966. Je dédie aussi ce souvenir à Jean-Luc et Jean-Claude. Je ne les ai jamais oublié.
Eric Beroud - email : beroud.eric@wanadoo.fr

Bonjour
Mon séjour s est déroulé en 1962 et 1963 souvenir des Dr's Morvan et Saint Pierre des infirmières dévouées. J ai participé au canular dont a été victime M Jean Nohain. Des moments de camaraderie avec tous les curistes. DHEILLY CHRISTIAN D AMIENS A L ÉPOQUE.
Christdy@aol.com

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18 mai 2020

Venez prendre l'air, les narcisses sont en fleurs.

Après ces mois de confinement, il est temps de prendre des bouffées d'air pur! La saison des narcisses bat son plein sur le plateau d'Hauteville Brénod.

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Je n’ai jamais compris pourquoi les vieux de notre pays nommaient les narcisses sous le nom de « jeannettes ». Au mois de Mai ou début Juin, dès que les champs de la Léchère, des Ollières et des bords de l’Albarine se constellaient d’étoiles blanches au cœur rouge et que les soirées s’embaumaient de l’odeur capiteuse et entêtante des narcisses, ma grand-mère emmenait mes cinq ans à la cueillette des « jeannettes » et des clochettes violettes ou blanches, ce qui était plus rare.

Nous ramenions à la maison des bouquets pour toutes les occasions, la fête des mères bien sûr, ce qui était une joie pour nous les bambins, mais aussi pour d’autres occasions qui nous paraissaient assez mystérieuses, fleurir les croix des chemins, les tombes au cimetière et les autels des chapelles et églises.

C’est quelques années plus tard que j’appris que ces fameuses « jeannettes » avaient pour nom : narcisses, puis que les jonquilles du printemps étaient aussi des narcisses, comment voulez vous que l’on se reconnaisse dans ce labyrinthe d’appellations !

Et quand vint le temps des grandes études (enfin la sixième ou la cinquième, n’exagérons rien !) on apprit qui plus est, que Narcisse, personnage de l’antiquité  fort amoureux de son image, se regardait dans un miroir d’eau pure,  il tomba et se noya, il se transforma dans la fameuse fleur blanche à cœur rouge qui depuis lors prit pour les générations futures le nom de narcisse.

C’était beaucoup d’informations pour nos petites cervelles, mais  l’odeur de ces fleurs nous enivrait et nous sentions bien inconsciemment que tous ces parfums avaient quelque chose de « pas très catholique » voire de surnaturel.

En plus de cela et pour corser le mystère, nous apprenions que les grosses clochettes violettes ou blanches s’appelaient des « fritillaires pintades »  (un nom de basse cour) et que les gros boutons d’or se nommaient les trolles (ce mot au masculin était le nom que l’on donnait aux esprits follets et lutins des légendes scandinaves). Comment voulez-vous que nos imaginations d’enfants ne transforment pas cela en quelques histoires de contes, ou quelques sorcelleries fort embaumées ?

Et voici que le temps passant à la vitesse d’un éclair, nos « septante » ans sont largement dépassés.

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Mais je ne sais pas pourquoi quand vient le temps des narcisses, il flotte dans l’air une atmosphère bizarre, une sorte de parfum d’enfance qui nous attire près des bois et des champs pour faire en « catimini » une petite cueillette de ces fleurs d’un printemps avancé. Avouez qu’il est étrange de voir un vieux ramasser un bouquet de fleurs ?

Vous qui êtes de la génération du « Seigneur des anneaux » « du monde de Narnia » et autres « Avatar » nous n’avions pas besoin de Hollywood pour stimuler nos imaginations en délire, seul le parfum capiteux des narcisses nous faisait entrer dans un monde où se mêlait légendes, elfes et lutins et c’était bien comme cela.

Mais au fait sommes-nous tous seuls dans ce cas là ? Pensez-vous ! Il suffit d’ouvrir les yeux et remarquer que venu le temps des narcisses, des hordes de Bressans et de Lyonnais envahissent le plateau avec parfois grands parents et enfants, ils viennent cueillir des brassées de fleurs qu’ils emmènent dans leur plaine où le narcisse n’existe pas. Après s’être soûler durant tout le voyage de parfums enivrants, ils de dépêchent de les mettre à l’extérieur sur le rebord des fenêtres, pourquoi me direz-vous ?, pour échapper aux odeurs entêtantes des jeannettes ? Vous n’y êtes pas !

Ils essayent d’échapper aux réminiscences de l’enfance et autres souvenirs qui les ont tellement émus le temps d’une cueillette. Trop tard ! L’envoûtement du parfum des narcisses a fait son œuvre !

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