L’OSTENSOIR IMPERIAL DE MONTGRIFFON….

ostensoir MontgriffonUn cadeau impérial.

 

Les 15 et 23 Avril 1860, la population de la Savoie s’est prononcée massivement en faveur de son rattachement à la France par 130533 oui contre 235 non.

La cour impériale se rendit à CHAMBERY pour des festivités, en empruntant la toute nouvelle ligne ferroviaire. La tradition orale de cet évènement transmise par un ancien curé du Plateau proche de l’évêché dit qu’un arrêt du train eu lieu à TENAY où quelques personnes de la cour descendirent sur le quai pour se dégourdir les jambes. Mal en pris pour une suivante qui se foula une cheville.

On dut faire appel à un rhabilleur qui n’était autre que le curé de MONTGRIFFON, l’abbé MEUNIER. Sans doute était-il dans cette gare pour acclamer avec ses ouailles l’empereur et l’impératrice. Comment pouvait-il être connu de ce « train » impérial ?

Tout simplement parce qu’un prêtre très bien placé à Paris et qui était venu auparavant en résidence à PONCIN, avait bénéficié des services du curé local pour la remise en place de son bras.

La notoriété de notre curé Meunier était déjà bien établie dans le secteur puisqu’il exerçait depuis 26 ans, avec quelque succès, l’art du rhabilleur.

 

Or donc, il fallait récompenser ce sauvetage princier. Le prêtre bien en cour se chargea de faire obtenir du couple impérial le fameux ostensoir.

 

Naturellement, il fallut demander un avis favorable à l’évêché de Belley. Le prêtre de Poncin suggéra à l’abbé Meunier de faire valoir dans une lettre, les titres particuliers qu’il avait à la bienveillance de l’empereur. Le curé de MONTGRIFFON ne se fit pas prier, car,  lui-même, né en 1811, au beau temps de l’empire,  avait toujours été dévoué à la cause de l’empereur. Par la suite, il expliqua avec enthousiasme que son père avait reçu une glorieuse blessure à Austerlitz etc..

 

C’est ainsi, qu’avec toutes ces recommandations, la paroisse de MONGRIFFON obtint sans difficultés un très bel ostensoir. Quand il n’y eut plus de curé à MONTGRIFFO N, l’ostensoir fut probablement transféré à la paroisse d’Aranc.

 

Cet ostensoir  a été déposé dans les collections d’Art Sacré de Patrimoine des Pays de l’Ain à BOURG .

 

Mais cette belle histoire ne s’arrête pas là. Figurez-vous qu’en 1869, notre curé fut condamné par le tribunal de BELLEY le 6 novembre pour « exercice illégal de la chirurgie ». Il affirme que deux vicaires généraux et l’Evêque de Belley approuvaient même cette condamnation…Cependant, il ne prit pas au tragique ce désaveu, et c’est avec une certaine impertinence qu’il fit un don de 100 f à la fabrique de l’église pour « perpétuer le souvenir de ce jugement ».

 

« Messieurs les membres du conseil de fabrique ont reçu ce don avec reconnaissance »écrit-il.

 

Vraiment, il y a des jours où venir au secours de ses proches ne rapporte pas que des encouragements….

P1040057 L'église sainte Anne de Montgriffon.