Les comptes de la châtellenie de Lompnes

chapelle expo 052

1272 - 1329

 

 Cet ouvrage  est paru sous l’égide des Amis des Archives de l’Ain et du Dreffia.

Jamais nous n’avons eu de document aussi important et aussi ancien mis à notre disposition pour connaître la vraie histoire du château de Lompnes. En effet, si l’on se souvient que le roi Saint Louis est décédé en 1270, nous pouvons ainsi dater par rapport à l’histoire de France l’ancienneté  de ce document.

Cet ouvrage est la traduction de ces longs rouleaux de parchemin – 59mètres 40- conservés aux archives départementales de la Côte d’or et couvrant la période de 1272 à 1451 alors que notre territoire dépendait de la souveraineté des comtes,puis des ducs de Savoie.

 Certains de ces rouleaux étaient très endommagés et n’ont pu être décryptés, mais le résultat qui nous est donné à lire est tout de même extrêmement intéressant.

Il convient de remercier Madame Florence Beaume, Messieurs Paul Cattin et Jérôme Dupasquier  des archives de l’Ain pour l’éblouissant travail qu’ils nous ont transmis.

Nous ne pouvons être qu’admiratifs devant cette besogne quasi monastique. Lire les parchemins écrits en latin  parait à nous autres,  peu ouverts aux documents manuscrits,  un véritable tour de force.

Que comporte cet ouvrage ?

Il s’agit d’une part des recettes et des dépenses effectuées par les châtelains qui se sont succédés durant cette période et dont les auteurs nous donnent la liste exhaustive.

C’est aussi un reflet très précis de la vie sociale de nos ancêtres, car nous avons une idée du prix des céréales, avoine, froment, orge, mais aussi de ce que coûtait les diverses denrées pains, viandes de mouton et de porc. Les gages et salaires des ouvriers sont aussi détaillés.

Evidemment les impôts existaient déjà, on note le prix de la taille, des péages, des dîmes et même des taxes dont pâtissaient déjà les juifs de la région.

Quant à la justice seigneuriale, nous avons une idée du montant des différentes amendes. Certaines sont amusantes 6 sous pour injures, 20 sous pour avoir  charrier son fumier en traversant la terre du voisin, 40 sous pour Thiebault de Lompnes qui avait frappé un homme avec une pierre, 9 sous pour Jean Garin  qui avait volé la poule d’autrui, 9 sous pour André Fourrier pour avoir « frappé du doigt le meunier de Champdor à la figure. La plus plaisante est peut être celle-la « 40 sous d’amende à Etienne dit « qui ne court pas » pour avoir tenté de connaître la femme de Fol Eymin sans son consentement ! » Cela ne s’invente pas !

 

Les travaux effectués au Château et dans les moulins sont détaillés avec précision, nous avons les noms des ouvriers en charpente, maçonnerie, couvreurs et autres. Nous apprenons ainsi qu’une meule de moulin achetée à Bourg en Bresse, ainsi que son charroi par Rossillon, Virieu puis amenée à Lompnes pour le compte du Seigneur avait coûté 100 sous viennois. Et nous savons aussi que pour charrier les pierres des perrières (carrières) au moyen des hommes, des femmes et des ânes, cela valait 15 livres, 14 sous, 15 deniers

 

Le service seigneurial avait aussi un prix : les chevauchées du seigneur  en guerre avec le voisin. Ces dites chevauchées ne comportaient que quelques hommes, mais il fallait payer les gages de ceux qui partaient, les chevaux, les coursiers et les haltes dans les pays où l’on logeait et se restaurait.

Le plus étonnant est certainement l’achat de 4900 écuelles, gobelets et plats achetés à Nantua ainsi que 2000 bols en bois, le tout amené à Hautecombe pour les funérailles d’Amédée V duc de Savoie. On loua  7 bêtes et leurs valets et l’on mit 4 jours aller et retour, pour acheminer dans des corbeilles tout ce matériel , cela coûta 23 livres, 35 sous et 12 deniers viennois de Lyon.

Nous ne pouvons qu’entrevoir ici la richesse de ce remarquable document.

Evolution des noms de famille de Lompnes.

 

Les premiers éléments que nous possédons sur les noms de famille sur le secteur sont à rechercher dans les comptes de la châtellenie de Lompnes au XIII et XIVème siècles.

 

Nous avons repéré les noms qui ont subsisté par la suite, nous notons sur ces rouleaux de parchemin les noms d’Hugues Chapuis, de Jean Maigret, de Pierre Combet, d’Etienne, Jean et Pierre Garin, de messire Hugon. Les patronymes Brachet, Maclet de Cormaranche, Tronchon, Eymin, sont mentionnés.

D’autres noms très en vogue autrefois durant plusieurs siècles ont disparu : ainsi les Mermet, Rolland, Chevrier, Rochefort, Chavent, Petiot.

 

Nous retrouvons sous la forme de prénom des Gui, jean, martin qui sont devenus des patronymes familiaux.

 

Archives d’état civil d’Hauteville Lompnes :

 

Les plus anciennes remontent au XVIIème siècle.

Les premières dates sont de 1668. Par contre, dans les archives d’Hauteville, on note les disparitions des registres de 1708 à 1720 et de 1721 à 1735 On remarque déjà les noms en vigueur encore dans notre pays ainsi les Hugon, les Guy, les Meygret, les Seythier (le premier enregistré est un Francois Sixtier dit Capon) les Chapuis. D’autres noms de familles importantes, ont aujourd’hui disparus ainsi les Bozonnet, les Sublet dit Petroz, les Sublet Besson, les Cavet, les Combet, les Figuet, les Grange, les Leyglon, les Galley.

 

 

 

Enfin, nous possédons dans notre pays, qui a en fin de compte peu d’histoire, un document digne et très fiable sur la vie de nos ancêtres au 13 ème siècle.

Etymologie des noms :

 

Très vite on voit apparaître les sobriquets pour certaines familles hormis les Hugon et les Billiard.

Les Meygret se diversifient en Meygret Claudy, Meygret au Grand, Meygret Collet, Meygret Nicolas etc…

Les Guy sont Maitrami, La Violette, Quittand ou Guittant, Comte, Pirolet. Masson, La Pointé.

Les Chapuis qui deviennent Chappuis, Chapuis Prince, Chapuis Drian, Chapuis Ferrand, Chapuis Maclet, Chapuis Gras.

 

Les Billiard sont un dérivé d’un nom de personne germanique, Bilihard (Bili, doux, hard, fort)

Les Hugon sont un dérivatif de Huc, Hugues.

Les Meygret ou Maigret signifiaient « maigre »

Les Guy : cas sujet du nom de personne germanique wido de wide (bois, forêts)

Les Chapuis : signifiaient charpentier

Les Seythier, puis Seytier venaient de setier, mesureur.

Les Garin sont une forme germanique signifiant lance (protection)

Les Dassin, sont originaires d’un lieu Assin dans le Valromey, ils firent souche à Sothonod, avant d’atteindre notre village.

Les Génier du germanique Gene -né- Hari –armée

Les Lay pourraient être déterminés par un lieu ou représentés l’ancien terme occitant laïc.

Les Régnier origine jurassienne, nom de baptême germanique Raginhari (conseil armée)

Les Dumarest selon Bacon Tacon (1738) viendrait de Mar’Este, nom celtique composé du nom propre Este et circonstance honorifique Mar qui signifie mâle, viril. (Recherche sur André de Mareste, seigneur d’Apremont 1452)