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Lieu de naissance de Joseph Guillot, le quartier du Tonkin à Champdor

 

De Champdor à Saint Paul du Minnesota, il n’y a qu’un pas !

Encore fallait-il  le faire, c’est la démarche de Joseph Guillot, enfant de Champdor..

Joseph Guillot naquit à Champdor le 7 février 1855, il était fils de Jean-Baptiste Guillot et de Marie-Rosalie Levrat. Il était l’avant dernier d’une famille qui comptait déjà six filles et deux garçons.

Joseph avait quatre ans et demi lorsqu’il accompagna à Ars sa tante Victorine Levrat, épouse Raquin.

Atteinte d’une maladie réputée incurable, elle voulut consulter le saint Curé d’Ars, Jean Marie Vianney. C’était deux mois avant sa mort. Le curé d’Ars lui dit qu’elle ne guérirait pas, mais que ses enfants seraient tous en bonne santé. Les évènements lui donnèrent raison. Quant au petit Joseph, dès qu’il fut sorti de l’église, il s’empressa de confier à sa tante : « Dis, tatan, Monsieur le Curé, il ne mange pas à sa faim ? »

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Statue en bois du curé d'Ars

Dès son jeune âge, Joseph eut le désir de devenir prêtre, ce qui le conduisit au petit séminaire de Meximieux en 1867, puis au grand séminaire de Brou en 14873. En 1877, trop jeune pour être ordonné prêtre, il fut nommé professeur à Meximieux et c’est là qu’eut lieu son ordination le 12 septembre 1878, il y resta jusqu’en 1883.

Aux vacances de Pâques de cette année-là, il obtint de l’évêque de Belley, l’autorisation de partir comme missionnaire en Amérique. Il avait opté  comme de nombreux prêtres du diocèse pour le Minnesota, état en formation à égale distance de l’Atlantique et du Pacifique.

Il débarqua à Nex York sur « Le Pereire » le 18 avril 1883.

Son accueil à Saint Paul fut plutôt froid, non seulement parce qu’il était 6 heures du matin au mois d’avril, près du glacial Canada, mais à cause des parole de Monseigneur Ireland, alors évêque coadjuteur.

« Savez-vous l’anglais ?, lui demanda l’évêque, qui avait fait ses études à Meximieux

« Pas un mot, Monseigneur ! »

« Dans ce cas, nous n’avons que faire de vous !

« Mais Monseigneur, ça s’apprend peut-être ? »

« Oui, on va vous abonner au Pioneer Press et vous lirez ce journal tous les jours du premier mot jusqu’au dernier. »

Il fut envoyé à la paroisse Saint Louis, dont le curé était un ancien professeur de Meximieux.

En 1884, il fut nommé curé de Waverly, paroisse qui comptait 370 foyers venus d’un peu partout, d’Irlande, de France, d’Allemagne, de Pologne, de Bohême ,de Suisse et de Hollande. Afin de réaliser l’unité de cette paroisse aussi cosmopolite, l’abbé Guillot fit construire une école où tous catholiques ou non, apprirent l’anglais.

En 1888, il fit sont premier voyage en France. Il devait en faire six autres dont le dernier fut en 1931. A chaque voyage, il fit un pèlerinage à Lourdes.

De retour en Amérique, il commença la construction d’une église. Elle fut achevée en 1881. Sa santé précaire l’obligea à prendre du repos de 1896 à 1898.

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Eglise Notre Dame à Waverly

Puis on lui donna la paroisse de Marshall, située à l’extrémité ouest du Minnesota. Elle comptait beaucoup de Canadiens de langue française, il y resta 12 ans.

En 1910, il fut nommé curé de Notre Dame de Lourdes à Minneapolis.  Pendant les sept ans qu’il y passa, il eut à trouver 50.000 dollars pour payer les dettes paroissiales, il les trouva.

En 1915, il fut nommé prélat de la maison de Sa Sainteté le Pape.

Ayant de nouveau des ennuis de santé, il prit deux ans de repos dont un passé, totalement en France.

A son retour en 1919, il demanda un poste d’aumônier du noviciat des sœurs de Saint-Joseph à Saint Paul. Il croyait sa mort proche mais il vécut encore 34 ans, il mourut le 26 janvier 1953, il avait 98 ans.

Il assista à Rome à la canonisation du curé d’Ars, rencontré 65 ans auparavant. Il contribua largement aux frais de la canonisation ; en récompense de quoi Monseigneur Manier en 1925, le nomma chanoine honoraire de la cathédrale de Belley.

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Il fut d’une très grande générosité pour son ancien diocèse, il mourut dans un grand dénuement.

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Il a laissé dans l’archidiocèse de Saint Paul, la réputation d’un saint. Sa dévotion à la Sainte Vierge était quotidienne.

On lui doit le financement de la vierge de Champdor.

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Bien que citoyen américain, Monseigneur Guillot est toujours resté Français dans l’âme.

Source de ce document : notice biographique de Sister Elizabeth Marie de Saint Paul du Minnesota.