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Une statue pour le Comte Adolphe d’Angeville !

Nous étions le 15 septembre 1878, une proposition est faite à l’ensemble des communes du Plateau, pour ériger une statue en bronze à Adolphe d’Angeville pour le remercier et honorer sa mémoire.

« Tous les habitants des montagnes du haut Bugey doivent éprouver le besoin et l’envie de lui témoigner leur reconnaissance en vue du bien être qu’ils éprouvent soit pour la facilité des communication individuelles, soit pour la facilité des transports  qui ont donné au commerce et à l’industrie de la vallée d’Hauteville un développement incomparable »

Une statue pédestre de Monsieur d’Angeville devait être placée sur le mamelon à gauche en montant de la coupure du "Gollet du Thiou", le dos tourné du côté de l’ouest, le regard tourné du côté du nord-est qui est la vallée d’Hauteville, la main droite levée indiquant la route et l’abîme de Charabotte avec quelques emblèmes sur le piédestal indiquant son grade d’officier de Marine

Pourquoi un tel hommage ? Le comte d’Angeville avait permis la création de la route d’accès actuel de Tenay à Hauteville désenclavant ainsi toutes les routes adjacentes se réunissant au chef lieu de Canton. Notamment celle qui rejoignait le Valromey par Mazières, celle du Valromey par le col de la Lèbe, celle d’Hauteville à Saint Jean le Vieux par Corlier, celle d’Hauteville à Maillat par la combe du Val, ainsi que celle d’Hauteville à Meyriat par Champdor et Brénod.

Le texte dit que les chemins routiers avant l’intervention de Monsieur le Comte étaient dans un état impraticable. Il est cité un exemple, pour monter une pièce de vin de Poncieu, à Hauteville avec un cheval, il fallait à partir de Chatillon de Corneille, deux bœufs en plus du cheval pour arriver à Corlier.

De plus, il fallait reconnaitre à Adolphe d’Angeville  l’enrichissement des habitants de la vallée d’Hauteville (sic) par ses nouveaux procédés de science d’agriculture. Il s’agit sans doute de la création des fruitières et l’assainissement des marais de La Léchère le long de l’Albarine.

Suit dans le document la relation des efforts que dû faire Adolphe d’Angeville, pour négocier avec les propriétaires de la vallée de Charabotte le droit de passage. Ceux qui étaient d’accord vendaient leurs terrains bien au dessus du prix normal et les irréductibles lui faisaient mille misères : Il fut même mordu par un chien et dû remonter au château véhiculé par un âne emprunté à Tenay.

Les parties adverses coururent à Bourg pour demander le jugement du Préfet, ils eurent alors toutes les difficultés pour traverser l’Ain qui était en grande crue, les bateliers refusèrent d’embarquer le comte qui prit les commandes, on embarqua à Pont d’Ain et débarqua à Varambon tellement le courant était important. L’officier de marine qu’était le comte n’avait peur de rien.

 

Le Préfet donna raison au comte.

On engagea toutes les municipalités du plateau à s’unir (déjà) pour que les conseils municipaux votent un budget pour la souscription de cette statue…

Ingratitude des citoyens édiles ? L’histoire ne le dit pas, mais la statue en bronze n’a jamais vu le jour.