Ferme de montagne Etonnant ! La ferme Bevoz à Hostiaz

hostiaz 06 2011 013

Au moment où le monde rural est en danger, et où les paysans de France manifestent au salon de l’agriculture, il parait intéressant de zoomer sur une ferme de montagne, où tout n’est pas idyllique mais où la volonté de toute une famille donne une lueur d’espoir pour l’avenir.

Oui, le lait et la viande ne sont pas à un cours normal, il appartient à la France et à l’Europe de revoir de près la question, si nous voulons voir perdurer les petites exploitations qui sont l’honneur du monde rural.

 

Nous avions repéré dans un reportage télévisé 100% Mag sur M6, une ferme entièrement mécanisée quelque part dans les riches plaines de France, mais nous n‘aurions pu imaginer trouver à Hostiaz, le joli petit village dans nos montagnes, une ferme semblable ! Et pourtant…

Paysans de père en fils, et fiers de l’être.

Sébastien et Stéphanie B evoz, nous ont présenté leur installation. Ils n’oublient pas de nous signaler qu’ils sont en association avec Patrice Carrier originaire de Corcelles.

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Ils sont la quatrième génération de paysan-éleveur à Hostiaz

Les investissements nouveaux ont commencé en 2002 ; 2012 a connu un premier agrandissement, enfin en 2014, la ferme a été robotisée, ca qui a mis fin à l’esclavage de la traite…En effet, avant cette amélioration, il fallait se lever à 5 heures du matin pour la première traite, et « rebelote » à 16 heures pour s’occuper de 130 laitières de race Montbéliarde.

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A ce jour, la surveillance est totale, les vaches en liberté dans le bâtiment choisissent elles-mêmes l’heure de leur traite, elles se rendent à l’espace dédié à cette fonction, là, un robot se met en place, il repère aux moyen de lasers  les trayons, les brosse, puis enclenche la trayeuse. La vache laisse faire et obtient une collation en échange du lait, la collation est aussi dosée par le robot.

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La traite terminée les pis sont désinfectés et rincés,  elle peut ensuite en toute quiétude retrouver ses semblables. Le robot nettoyeur agit toutes les deux heures pour nettoyer le caillebotis, ce qui fait que les animaux restent d’une propreté sans égale.

Nous sommes impressionnés par le calme qui réside dans le grand troupeau installé dans une étable de dimension respectable 116 X 25 mètres.  Les bêtes paraissent sereines, sur leur tapis de mousse, de temps en temps elles vont se faire masser par des brosses installées à cet effet.

Dans cette atmosphère paisible, les animaux produisent plus de 1 million de litres par an, collecté dans un tanker, dont la température est aussi programmée de 3 à 4 degrés. Depuis l’arrêt de la coopérative laitière d’Argis, le groupe « Lactalis » récupère le lait dont  la qualité du lait est remarquable. 

Une alimentation adaptée :

Le foin de nos montagnes constitue l’essentiel de l’alimentation des animaux. 300 hectares sont récoltés chaque année dans  les prairies du Bugey, ce qui constitue environ 3500 rouleaux de fourrage  de 300 kilos  chacun. Le tracteur des fenaisons est programmé, un « GPS » calcule les parcelles à travailler et c’est ainsi que la faucheuse peut couper jusqu’à 40 hectares par jour. Une agrémentation en maïs et tourteau –résidu de grains et d’oléagineux- est offerte aux bêtes. Le renouvellement du cheptel est assuré par l’élevage de 150 génisses qui pâturent dans des clos de notre pays du printemps à l’automne.

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Le robot vétérinaire.

La surveillance sanitaire va de pair. Ainsi, les mammites sont détectées, ainsi que les périodes où les bêtes sont « chaudes » et sollicitent la présence de l’inséminateur. Les vêlages  sont surveillés et l’éleveur prévenu. Le pesage des bêtes est automatique, et les différences de poids sont automatiquement signalées.

Qualité de vie :

Toutes ces installations concourent à la qualité de vie des exploitants. Ne croyez pas cependant  que leur labeur n’est pas quotidien, mais ils peuvent tout de même s’accorder quelques jours de repos bien mérités alors qu’il n’en était pas de même autrefois.

On ne peut que féliciter ces jeunes qui ont choisi les techniques de l’avenir, et concourent ainsi à la production d’un élevage français tout à fait digne de leurs concurrents européens.

Du prix du lait à la production au prix de vente en rayon, il y a un monde… Ne pourrait-on pas se pencher sur les intermédiaires… « That is the question ! »

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