DSC06350

ORIGINE DE LA VIERGE DE CHAMPDOR :

 

 

C’est en 1855 que Joseph GUILLOT naquit à Champdor de Jean Baptiste GUILLOT et de Marie Rosalie LEVRAT. Il était l’avant dernier d’une famille qui comptait déjà 6 filles et 2 garçons. Son arrière grand mère Sébastienne HUGONNET épouse GUILLOT était célèbre dans la région. C’est grâce à elle que l’église de Champdor à pu conserver son magnifique autel.

A la révolution, elle le fit démonter morceau par morceau puis distribuer ceux-ci dans différentes familles dont- la liste fut faite par un des rares capables d’écrire à cette époque : son fils Victor âgé de 12 ans. Grâce à cette liste soigneusement conservée, l’autel fur reconstruit pièce par pièce sous Napoléon..

Saint François de Sales et saint Victor (qui perdit quelques doigts dans ce déménagement) ont retrouvé leur place qu’ils occupent depuis.

Après de brillantes études au séminaire de Meximieux, puis à celui de Brou, il fut nommé à sa demande à Waverlé ville cosmopolite où se côtoyaient Irlandais, Allemands, Polonais et Français. Il y fit construire une école où tous purent y apprendre l’anglais. Après plusieurs postes, il termina sa carrière à saint Paul du Minnesota aux Etats Unis après avoir fait preuve d’une grande générosité envers son diocèse et son village natal.

 

A sa dernière visite en France en voyant travailler un artiste du pays Monsieur Alphonse MONNET, autodidacte bourré de talent, il eut l’heureuse idée de laisser à ses compatriotes un souvenir durable. Admirant le travail de monsieur Monnet et son goût de la perfection, ils se mirent d’accord sur l’œuvre à accomplir.

 

Plusieurs maquettes en terre puis en plâtre (modèle réduit bien sûr) traversèrent l’Atlantique et sont certainement conservées dans le Minnesota.

 

Le travail gigantesque n’effrayait pas le sculpteur, seul sans architecte sans ordinateur, il eut à calculer la solidité du terrain, la taille et la mise en place de cette statue haute de 13 mètres dont l’élégance et l’harmonie des proportions étonnent encore les artistes contemporains.

 

L’INAUGURATION DE LA VIERGE.

img060

 

Le 8 juin 1941, il y a juste 60 ans, aurait pu être une grande fête religieuse pour tout le plateau, un beau dimanche comme les dimanches d’avant la guerre.

Mais la défaite était trop récente, toute la France portait encore le deuil de ses soldats morts au combat et ils étaient encore nombreux retenus bien loin là-bas dans les stalags. L’avenir s’annonçait sombre et incertain.

 

Le long cortège des paroissiens de Champdor, augmenté par ceux des paroisses environnantes qui s’avançait en procession depuis le village jusqu’à la colline reflétait tout le recueillement. Il y avait énormément de monde, c’est étonnant ce que la peur de la guerre peut parfois réveiller la foi des baptisés.

 

Devant le massif montagneux qui la domine, la vierge apparaissait encore plus blanche.

Les belles carrières du pays avaient fourni cette noble matière plus dure à travailler que le marbre et aussi belle aujourd’hui qu’au premier jour.

 

Monseigneur Gauthier, missionnaire de la montagne, le chanoine Monnet vicaire général et le curé Loisy accueillaient cette foule et prêchaient la confiance qu’il fallait garder.

Une centaine de gamins avait déposé auprès du socle des milliers de narcisses cueillis le matin même au pied du monument le long de l’Albarine…La colline parée d’oriflammes et de longues guirlandes de branches de sapins prenait un véritable air de fête.

 

Monseigneur Guillot venait d’avoir 86 ans, il ne vit jamais la statue achevée mais ce jour-là au-dessus de l’Atlantique, ses pensées ont dû croiser  les pensées des Cambots.

img060 - Copie

 

                                                                                              Marius Guy

img061