Marius Guy

Marius Guy était un conteur né.

Il excellait à raconter des histoires, de  « belles histoires ».

 

Dès ses vingt ans, il fit ses débuts de chroniqueur dans le journal « La Marseillaise » alors qu’il effectuait son régiment, puis il continua pour les journaux régionaux et départementaux, « Le Progrès », « Le Dauphiné Libéré », « Le Coq Bugiste ». Il participa aussi au journal local « La Traverse » crée par l’équipe de l’Orsac. Cependant tous ses articles, chroniques, billets d’humeur n’étaient pour lui qu’un amusement car son métier était  celui d’agriculteur.

Une profession qu’il assumait avec talent, ayant été un des premiers à sélectionner ses vaches « pie rouge de l’Est ». Il vendit même au Japon une souche reproductrice. Il fut même président de la coopérative laitière d’Argis.

 La terre était sa passion !

 

Durant de nombreuses années, il a  apporté sa collaboration au magazine chrétien « L’Echo du Plateau », dont il occupait solidement la dernière page de couverture. Ses contes et nouvelles étaient  très appréciées, pour la plus grande joie de ses fidèles lecteurs. Combien de fois n’avons-nous pas entendu : « Quand l’Echo arrive, je regarde aussitôt la dernière page pour y découvrir le conte de Quinet et je me régale ! »

 

Ce rendez-vous avec les lecteurs, Quinet l’assumait à chaque parution, se creusant parfois la tête pour trouver le sujet à développer. Mais une fois le sujet adopté et mûri dans son esprit, il se saisissait d’une feuille de papier et d’un crayon et se mettait à écrire. Les mots lui venaient rapidement, car comme le disait Boileau « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément ! »

 

Son style était direct, plein d’humour, avec souvent des brins de nostalgie pour les temps anciens si rudes qu’ils aient été. Sa manière de penser se retrouve même dans la devise qu’il avait  choisie pour son cadran solaire –il avait soixante dix ans à l’époque- : « Dommage qu’il soit déjà si tard ! »

 

 

Après avoir écrit un premier livre de contes et chroniques sous le titre « Au fil des Jours » Marius Guy a proposé à ses fidèles lecteurs un second volume « L’automne de mes jours »

 

Il était normal que la suite des contes, chroniques et nouvelles de Marius Guy, alias Quinet, fusse publiée.

 Très souvent il se plaignait de sa mémoire qui flanchait disait-il, mais jusqu’à Quatre vingt douze ans, bien des personnes aimeraient avoir encore les belles capacités intellectuelles qu’il déployait.

 

Est-ce dû aux « hectares de mots croisés » selon son expression favorite, qu’il effectuait d’années en années qui lui donnaient encore cette vivacité d’esprit, nul ne le sait.

« La nostalge » comme dit Robert Hossein est nécessaire aux gens qui prennent de l’âge : elle leur maintient des sentiments de jeunesse qui ont tendance à s’émousser avec le temps.

La vie des anciens n’était pas très facile, mais dans la mémoire de l’auteur, elle était pleine

     « De jolis souvenirs, qui sont autant de petits bonheurs, pourquoi vouloir les oublier ! »

 

                                                                                     

Marius Guy était un  paysan malicieux et charmeur, à la répartie vive et au grand sourire plein d’amitié et d’humanité.

Un conteur qui meurt est une bibliothèque qui brûle ! Il est heureux qu’il nous ait laissé des écrits.

 

 

Il restera dans la mémoire des gens du Plateau, de la Combe du Val, du Valromey comme un conteur né !