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ROGATIONS

 

Souvenirs d’Enfance.

 

 

Lorsque j’étais à Reyrieux, Val de Saône, je me souviens qu’à la saison printanière, j’accompagnais, comme enfant de chœur, le curé, à travers la campagne, pour aller

jusqu’à une croix en pierre. Là, nous récitions des prières de demande pour les fruits de la terre.

Avec nous quelques paysans se regroupaient autour de la croix.

C’était de bonne heure le matin, trois jours de suite, dans des lieux différents.

En tête, la croix de procession, dans le cortège, le bénitier pour asperger la terre.

Ces prières d’intercession s’appelaient les «rogations» (du latin «rogare»= demander).

On y demande à Dieu de bénir et faire fructifier les travaux des champs. C’étaient les trois jours avant l’Ascension.

La tradition précise que le temps du lundi allait être celui des foins, le temps du mardi celui des moissons, et le temps du mercredi celui des vendanges.

Du fait du développement de la vie urbaine, les Rogations n’ont plus la même importance qu’autrefois.

 

Histoire:

 

Il est probable que Mammert, évêque de Vienne (Isère) de 463 à 477 (fête le 11 mai), institua les prières des Rogations pour solliciter la protection de Dieu contre les calamités de toutes sortes dont le pays était alors accablé (famines, tremblements de terre, pillage des Barbares, invasions des loups...).

Les Rogations devaient être étendues à l’ensemble de l’Eglise au VIII ème siècle par le pape Léon III en vue d’attirer sur les récoltes la bénédiction divine.

Il semble que l’Eglise ait christianisé des traditions païennes existant depuis un temps immémorial en faveur des fruits de la terre.

 

 

                                                                                   Père Jean Guillet