CES PLANTES QUI NOUS GUERISSENT..

 

Depuis que les gouttes, les gélules, les pilules ont remplacé infusions ou décoctions, les plantes ont bien perdu de leur importance.

 

Au risque de se ridiculiser, qui oserait encore se soigner après avoir consulté « LA MEDECINE DES PAUVRES » livre de chevet du début du siècle passé.

Personne n’avait fait des études de botanique mais chacun connaissait la plante capable de soulager son mal.

 Les mots savants oubliés étaient remplacés par des noms régionaux fleurant bon la nature : Herbe de saint Jean pour l’armoise, à fièvre pour la centaurée, au charpentier pour le millefeuille, souci des Alpes pour l’arnica, barbe de chèvre pour la reine des prés etc.…etc.…

 

La médecine moderne est certainement plus efficace, elle soulage et guérit plus rapidement, on consulte aujourd’hui avant d’être malade et sans avoir pris la première infusion.

Il y a quelques décades les médecins étaient rares, ils avaient peu de moyen de déplacement et la Sécu n’existait pas. Et puis, qui sait si le fait d’agir lentement n’était pas aussi salutaire sur les petites maladies que ces nouvelles drogues puissantes et agressives. Aujourd’hui, malgré les progrès de la chimie certaines de ces plantes sont encore à l’origine de bien des médicaments.

A la maison, une chambre leur était réservée et l’on retrouvait là les souvenirs de la cueillette en se persuadant que si la nature avait « crée » les maladies, elle avait aussi « crée » les remèdes.

Il y avait le bocal où les fleurs de lys baignaient dans l’eau-de-vie, le sachet de queues de cerises rappelant le marchand de Belmont et son cheval, le tilleul cueilli depuis le sommet du char de foin, le sureau rapporté à plein panier, le serpolet arraché dans les pâturages et cette capiteuse odeur qui même en plein hiver rappelait le foin nouveau.

Il arrivait que les plantes servaient aussi à des pratiques commerciales et des marchands venus du Midi nous proposaient les leurs. Inutile, nous avions dans nos montagnes les remèdes à tous les maux. D’autres charlatans colporteurs offraient leur baume miracle et des recettes que j’hésite à vous conter pour ne pas vous laisser croire que j’en suis à la fin de ma cure d’ellébore.

Gamin, je n’avais pas trop d’admiration pour cette médecine et comme je ne pensais qu’à grandir et qu’il n’y avait qu’une solution, je mangeais courageusement ma soupe aux herbes sauvages après avoir ingurgité une atroce liqueur de bourgeons de sapin que ma bonne grand’mère ne fabriquait que pour moi.

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En cette saison où les microbes de la grippe ont tendance à vous assaillir, ce n’est pas risquer beaucoup de prendre une infusion de tilleul-centaurée sucrée au miel et allongée au marc du Bugey – rien que des produits naturels –

La nouvelle génération doute beaucoup de ces vertus ; il est tellement plus rapide d’avaler une gélule que de préparer une tisane ! Les jeunes ont une double excuse, ça les retarderait dans leur vie trépidante et en plus, ils ne connaissent pas.

Marius Guy

sept 020