MAIS OU SONT LES NEIGES D’ANTAN ?

Fin Novembre et début décembre nous ont remis l'hiver d'actualité,

Cela n'a pas toujours été comme cela......

 

Episode I : 2001 : un printemps certainement pressé d’entrer dans un nouveau millénaire et voilà comment l’hiver a été court circuité.

Les gens de la météo ne sont pas responsables des gelées, ils ne sont pas responsables non plus des orages ou des tempêtes mais remercions les en passant de ce printemps commencé avec deux mois d’avance…les hivers suivants ont alterné neige et pluie....

Episode II : 2016, 15 ans après l’hiver est encore le même, peu de neige, Des perce neige dans le jardin, des crocus sous les pommiers, des morilles dans les talus.

 

Au 15° siècle, après un hiver qui ressemblait probablement au notre, François VILLON d’une manière plaisante et poétique posait déjà la question…. Mais où sont les neiges d’antan ? Qui sait ! On parlait peut être déjà de réchauffement et l’effet de serre inconnu n’était encore responsable de rien.

On retrouve dans le journal de raison de Claude Antoine Bellod, paysan et instituteur dans le Valromey il y a deux siècles, le récit d’hivers meurtriers et d’autres doux comme le nôtre : En 1814, du premier janvier au 24 mars « y n’y a poin tombé ni pluies, ni neige… »

 

 

Les saisons ne furent pas toujours aussi tendres.

En 1939, fin octobre il était tombé 1 mètre de neige en 48 heures. En 1944, le vrai hiver commençait le 4 février, tous les hommes furent réquisitionnés pour ouvrir à la pelle la route de Champdor à Hauteville ; c’est cette même nuit qu’un avion ravitailleur anglais égaré dans la tempête et volant quelques mètres trop bas s’écrasait dans la forêt.

En 1956, la température du 28 janvier au 1 mars, oscillait entre moins 28 et moins 33. On parle de réchauffement mais les grandes mutations de climat se font sur une période de plusieurs siècles et il est prématuré d’en tirer des conclusions.

 

En 1978, la neige engloutissait le plateau

 

P a la neige de 1978

 Les savants l’affirment : tous les 10 ans ou 20 ans l’anticyclone ou les dépressions nous apportent tantôt la douceur, tantôt des vents glaciaux venant de Sibérie. C’est l’hypothèse la plus simple pour expliquer notre capricieux climat.

Les météorologues à la petite semaine après un hiver comme celui-là ont beau faire d’annoncer un grand chambardement, il y aura toujours des tempêtes, des sécheresses, des inondations et de la neige.

 

Avant les bulletins météo, nous n’avions que nos observations et les dictons de nos ancêtres pour susciter l’espoir ou la crainte. Qui connaît encore les symboles du nouvel an, de la chandeleur, des quatre temps, des Rameaux, de la saint Médard, de Sainte Madeleine etc.…Paroles de bon sens, de sagesse que l’on trouve désuètes et un peu ridicules aujourd’hui où il est plus difficile d’être sage que ridicule. Il est vrai que nos dictons comme les météorologues n’ont jamais réussi à influencer le temps.

 

Acceptons donc avec sérénité cet intermède qui fera date. Conservez vos pelles à neige, la nature reprend toujours ses droits et n’espérez pas trop voir des champs de lavande à Nantuy et les Mimosas fleurir à Planachat.

 

En attendant, allez donc dire au vrai Printemps qu’il vienne.

 

                                                                        texte de  Marius GUY mis à jour