Dans les temps incertains de la guerre nous devenions très débrouillards, il est vrai qu'à l'époque les subsides de l'Etat étaient inexistantes.

Alors les premiers temps de sidération et de faim qui nous tenaillaient, nous avons labouré des prés pour planter des patates, des poireaux, des betteraves sucrières, des haricots en grains, des topinambours, des raves etc.

Nous faisions notre bois dans les futaies que nous avaent laissé nos grands parents en héritage.

Nous avons appris à faire du savon avec de la soude caustique, du suif, et des feuilles de lierre.

Puis nous avons transformé nos cabanes de jardin en poulailler,- nous conservions les oeufs dans le silicate de soude-, en clapier, et même l'ancienne réserve de charbon était devenu un local pour élever un cochon.

Petite ^parenthèse" notre cochon devait être collabo car le jour où les allemands étaient dans notre quartier en 1944 il s'est échappé de son"boidet" pour courir au milieu des troupes, nous avons pu tout de même le récupèrer.

Nous allions ramassé les orties au bord des routes, pour le nourrir, autant vous dire qu'il n'avait pas trop de graisse;

Après l'avoir occis, nous le mettions au saloir pour le conserver, et  même il nous arrivait de fumer un jambon.

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Ce sont les cuisses du cochon que l’on emploie d’ordinaire pour faire les jambons.Si le coeur vous en dit,

Enlevez le pied et frottez la cuisse de tous les côtés avec du gros sel écrasé fin.

Mettez votre jambon dans une terrine et couvrez de sel ; laissez le cinq jours et frottez de nouveau en ajoutant une once de salpêtre, puis laissez encore cinq jours dans la saumure qui s’est formée.

Après ce temps, retirez le jambon de la saumure, et suspendez-le assez haut dans une cheminée où l’on brûle du bois. Au bout de deux mois, le jambon doit être assez fumé ; décrochez-le alors et enduisez-le de lie de vin et de vinaigre pour empêcher que les mouches s’y attachent.

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Suspendez au plafond dans un endroit sec.

 

Et bon appètit!